L’autre jour, à un passage piéton près de chez un pote qui bosse à Genève, j’ai vu un truc bizarre : le feu semblait « savoir » qu’une personne âgée traversait. Le temps de passage s’était rallongé. Pas un miracle, juste une expérimentation menée dans le canton par un gros groupe d’ingénierie qui déploie des capteurs sur les feux piétons pour améliorer l’accessibilité. Et franchement, c’est ça, une smart city qui marche : pas un slogan, un feu rouge qui te laisse traverser tranquille.
Je précise tout de suite qu’aujourd’hui je vais parler urbanisme et capteurs, pas machines à sous (même si un exemple comme Casino Extra montre à quel point les interfaces numériques peuvent être fluides quand on s’en donne la peine, un peu comme ce qu’on trouve du côté de montigny-le-gannelon.fr pour d’autres univers). Retour au sujet.
Parce que le truc c’est que la smart city, on nous en parle depuis quoi, 2012 ? 2013 ? Pendant longtemps c’était surtout des rendus 3D avec des drones qui livrent des colis et des voitures autonomes partout. Une sorte de fantasme de salon professionnel. Sauf qu’en 2026, on commence enfin à voir des choses concrètes sortir du PowerPoint.
Genève, donc, avec ses feux piétons intelligents. Petit périmètre, cas d’usage précis, résultat mesurable. Perso je trouve que c’est exactement le bon niveau d’ambition. Pas besoin de reconstruire une ville de zéro pour améliorer la vie des gens qui ont du mal à marcher vite. Il suffit de mettre un capteur au bon endroit et de coder un truc pas trop débile derrière.
À l’autre extrême de l’échelle, il y a ce qui se passe dans le monde arabe. NEOM en Arabie saoudite, les extensions de Dubaï, les projets égyptiens… Là on est sur une autre planète budgétaire. Des villes entières pensées comme des logiciels, avec de l’IA partout, des transports sans conducteur, et une ambition à la démesure du pétrodollar. Est-ce que ça marchera ? Mystère. Ce que je remarque c’est que ces projets attirent des architectes et des ingénieurs du monde entier, un peu comme certaines plateformes crypto qui ont agréablement surpris les sceptiques, et que même si la moitié ne se concrétise pas, l’autre moitié va nourrir plein de choses ailleurs.
Le Vietnam est aussi dans la course, à sa manière. À Ho Chi Minh-Ville, le projet Lotte Eco Smart City à Thu Thiem vient de finaliser le paiement de plus de 17 500 milliards de dôngs de frais fonciers. Pour donner une idée, on parle d’un complexe mixte hébergement-bureaux-commerces sur un des terrains les plus stratégiques de la ville. C’est un modèle assez différent : la smart city portée par un promoteur privé asiatique, avec une logique de quartier plutôt que de ville entière.
Et la France dans tout ça ?
L’Île-de-France s’est pointée au Smart City Expo World Congress de Barcelone avec 11 start-up dans ses bagages. C’est peu et beaucoup à la fois. Peu, parce que Barcelone c’est LA grand-messe mondiale du secteur et que les délégations chinoises ou émiraties arrivent avec des dizaines de boîtes. Beaucoup, parce que les 11 start-up en question bossent sur des sujets ultra concrets : gestion de l’eau, mobilité, énergie, données urbaines. Bref, pas des vendeurs de rêve, des ingénieurs.
Ce qui me plaît dans cette approche européenne, c’est qu’on part du problème et pas de la techno. Un feu piéton, une consommation d’eau, un flux de vélos. Pas « on va mettre de la blockchain partout parce que c’est cool ». Clairement, quand je compare avec certaines annonces qui sortent du Golfe où on te promet une ville entièrement gérée par IA d’ici 2030, je préfère largement le rythme genevois. Peut-être que c’est moins sexy sur Instagram, mais ça change vraiment la vie de quelqu’un qui traverse une rue avec une canne.
Alors qui gagne, dans cette course ? Aucune idée. Peut-être que la question elle-même est mal posée. Les mégaprojets arabes vont produire des innovations qui finiront copiées à Lyon ou à Nantes. Les feux suisses vont inspirer d’autres cantons européens. Et pendant ce temps, à Thu Thiem, des dizaines de milliers de gens vont juste vivre dans un quartier neuf en espérant que le wifi fonctionne dans l’ascenseur.
C’est peut-être ça la vraie définition d’une smart city, au final. Une ville où le wifi de l’ascenseur marche.